Passionné(e) d'histoire ? Recevez un email d'Aude chaque semaine.

Garanti sans spam

La bataille des Thermopyles

On 31/10/2014 by admin

Hello!

La question du jour bonjour était : Quel est le nom de la bataille qui opposa le roi spartiate Léonidas et le Grand Roi perse Xerxès Ier ?. La réponse était les Thermopyles : bravo Thomas-Le-Bien-Guidé!

Si vous avez vu le film 300 de Zack Snyder, vous avez déjà une idée des grandes lignes de la bataille des Thermopyles : une armée innombrable de l’immense empire perse, qui vient pour écraser la petite Grèce centrale (après avoir écrasé toutes ses alliées). Et, face à cette colossale armée, une poignée d’hommes – dont 300 Spartiates – résiste héroïquement, sur une minuscule bande de terre, jusqu’à la mort.

C’est indubitablement une de plus belles et plus connues histoires de résistance :

  • Parce que sans leur sacrifice, leurs cités auraient été rasées et les habitants déportés en esclavage : nous n’aurions jamais eu l’incroyable héritage du “Siècle de Périclès“, avec ses immenses œuvres politiques, philosophiques ou artistiques qui continuent de nous éclairer et de nous structurer aujourd’hui
  • Parce qu’ils ont perdu une bataille, mais gagné une guerre infiniment plus grande : ils ont prouvé qu’une poignée de héros peut tout changer, même si tout espoir paraît vain à un contre 100 

 

I. Les Thermopyles : une bataille des guerres médiques:

  1. Livre 1 : “La Vengeance de Darius” ou La première guerre médique (490 av JC):

Carte empire perseA cette époque, les cités-Etat grecques, rivales et/ou alliées, étaient voisines de l’immense Empire perse (plus grand empire du monde en termes d’habitants avec 44% de la population du monde – record battu ) : il était gouverné par le Grand Roi Xerxès… (Dommage pour lui de régner sur 50 millions d’habitants  et d’avoir un nom qui fait penser à du vinaigre)

  • Sous le règne du père de Xerxès, quelques cités grecques conquises sur la côte turque avaient tenté de se révolter. Malheureusement, cette révolte échoua et Darius Ier (550-486) écrabouilla les cités d’Ionie.
  • Darius ne s’arrêta pas là :  il décida de châtier les cités qui avaient aidé les Ioniens, dont Athènes : il pilla les villes, brûla les sanctuaires, réduisit en esclavage les populations… bref, les Athéniens n’en menaient pas large quand ils virent débarquer son armée à de Marathon (à 42 km d’Athènes) en 490 av J-C.
  • Pourtant, assez miraculeusement, grâce à la supériorité de leurs fameux soldats “hoplites”, les Grecs remportèrent une mémorable victoire – si mémorable d’ailleurs que le nom de la course « marathon » est dû à un soldat qui courut prévenir les Athéniens de la victoire: il mourut après avoir dit «  Nous sommes victorieux ».) : c’est la fin de la première Guerre Médique.

=> Darius repartit, furieux, et jura de se venger – mais il mourut avant d’avoir pu le faire ; c’est à ce moment-là que son fils Xerxès prit la relève…

 

  1. Livre 2 : “La Vengeance du fils de Darius” ou La deuxième Guerre Médique (10 ans plus tard : 480 av JC)

Xerxès Ier, qui ressemblait à ça: Xerxès, le vrai  et non pas à ça: Xerxès selon 300  prépara pendant plus de quatre ans la plus gigantesque expédition punitive dont les hommes aient entendu parler : il avait rassemblé, selon Hérodote, deux millions d’hommes (en fait selon les estimations modernes, plus vraisemblablement de 300 000 à 500 000 soldats, ce qui est déjà énooooorme[1]) et avait multiplié des démonstrations de force tellement démesurées que les historiens crurent longtemps qu’il s’agissait d’inventions (jusqu’à ce qu’elles soient prouvées par des découvertes archéologiques récentes, na):

  • Xerxès fit construire un double pont de navires de 1,5 km de long, afin que son armée franchisse à sec le détroit des Dardanelles. (Il aurait très bien pu se contenter de faire des allers-retours avec ses navires — mais “Pourquoi faire simple quand on peut prouver qu’on est Le Grand Roi Perse?”#vol1)
  • Il fit également creuser un canal de plus de 2 km coupant en deux la péninsule du Mont Athos, juste pour éviter d’avoir à contourner le cap & ses tempêtes (Hérodote souligne qu’il aurait très bien pu se contenter de faire haler ses navires sur des chariots — mais “Pourquoi faire simple quand on peut prouver qu’on est Le Grand Roi Perse?”vol2)

Bref, le but était évidemment de terrifier les Grecs avant même le début du combat… et cela marcha : la plupart des cités grecques ployèrent et se rendirent. Heureusement, les Grecs du Péloponnèse et de l’Attique (centre de la Grèce actuelle) décidèrent, elles, de ne pas céder : malgré leur rivalité, elles s’allièrent pour lutter contre l’ennemi commun.

=> Les Spartiates furent désignés pour tenter de bloquer Xerxès dans un minuscule passage entre la mer et les montagnes qui donnait accès à la Grèce : le défilé des Thermopyles (les “portes chaudes” étymologiquement).

 

II. La bataille des Thermopyles : une résistance héroïque, mais un traître:

  1. « Petit présomptueux ne vois-tu pas le nombre déployé ? L’armée des ombres, tu seras éliminé »

Le lieu des Thermopyles était une très étroite bande de terre, qui, au plus exigu, faisait une vingtaine de mètres de largeur, avec de vagues vestiges d’un ancien mur protecteur : ligne contre ligne, les Perses, malgré leur nombre, ne pouvaient pas encercler et broyer les Grecs.

Léonidas, ce héros

  • Xerxès arriva aux Thermopyles avec 300 000 hommes : cent fois plus que Léonidas, qui n’en avait qu’environ 3 000… Xerxès, sympa, proposa à Léonidas et ses hommes de leur laisser la vie sauve, à condition bien sûr qu’ils rendent leurs armes. La réponse du roi de Sparte est tellement connue qu’il a donné l’adjectif “laconique” en français (Sparte étant située sur la plaine de “Laconie”) : « Viens les prendre ». Bref et efficace.
  • Au bout de 4 jours, voyant que Léonidas ne fuyait toujours pas, Xerxès déversa le déluge de ses armées et notamment ses fameux 10 000 “Immortels”.

[NB : pas « Immortels » comme nos 40 Académiciens[2] mais plutôt comme les Immaculés dans Game of Thrones, version non-émasculée : ils doivent leur nom au fait que si l’un d’eux meurt, un nouveau le remplace – ainsi ils sont toujours 10 000.]

  • Mais (outre la folie de leur courage et leur discipline infaillible), les hoplites grecs avaient un avantage : leurs lances étaient plus longues (or, lance contre lance, le premier qui touche l’autre le tue …) et leurs boucliers étaient en bronze – donc quand Xerxès fit tomber une pluie de flèches sur les combattants, il tua en fait ses propres troupes qui n’avaient que des boucliers en osier. (Perses percés).
  • De plus, pour battre les Immortels, Léonidas fit semblant de se replier, les laissa les poursuivre dans l’étroit couloir entre montagne et mer, puis referma la nasse, les entoura et les écrasa. (« “Immortels”, laisse-moi rire »)

 

Hoplites aux Thermopyles
Bref,  Léonidas réussit à tenir Xerxès en échec et les pertes perses étaient au moins dix fois plus nombreuses : Xerxès, humilié, se retira dans sa tente et faillit rentrer chez lui…
Malheureusement, à ce moment crucial où la victoire totalement inespérée était toute proche, un petit morpion certain Ephialtès[3], traître à sa patrie, vendit à Xerxès une information sans prix: il existait un sentier à travers la montagne pour prendre Léonidas à revers et le broyer.

L’armée de Xerxès prit donc le petit sentier, contourna Léonidas et déferla des deux côtés : les Spartiates étaient cette fois encerclés… Ils résistèrent encore, mais ce n’était qu’une question d’heures.

  1. The end : très triste mais pas si triste

Triste : Léonidas fut tué et les Spartiates défendirent, paraît-il, son corps jusqu’au bout – puis ils furent massacrés un à un. (C’est toujours le moment où j’ai la gorge serrée)

Pas si triste : Bien sûr, juste après, Xerxès se prit la raclée qu’il méritait. Galvanisés par la résistance héroïque des hoplites des Thermopyles, les Grecs alliés laissèrent Athènes se faire entièrement brûler mais ils battirent les navires de Xerxès à Salamine (“C’est toi le Salami”) (-480) et écrasèrent enfin le reste des soldats perses à Platées ( -479). Pourtant, aucune de ces deux grandes victoires ne fut retenue comme LE symbole de la seconde guerre médique – c’est la bataille des Thermopyles, la défaite la plus victorieuse que je connaisse, qui a été le signe insigne qu’on pouvait gagner même quand tout paraissait perdu. No pain no gain.

  • Si un jour vous passez aux Thermopyles, vous verrez, au sommet de la colline de l’ultime bataille, un petit mausolée où l’on peut lire l’inscription : « Étranger, annonce aux Lacédémoniens que nous gisons ici pour avoir obéi à leurs lois. ». (CoeurCoeurCoeur Léonidas).Léonidas, pralines

L’autre happy ending, c’est que Léonidas est tellement un héros qu’il a donné son prénom à moult Grecs depuis 2500 ans – y compris au fondateur des fameux chocolats pralinés, qui nomma sa marque en son honneur. On lui devait bien ça.

 

 

Whalou ! La question du jour bonjour n’est pas easy: « Quel duc de Bourgogne fut assassiné en 1419 sur le pont de Montereau par le futur Charles VII ? »

 

Je vous souhaite une journée et un week-end de héros à la Léonidas,

Aude

Podium du 31 octobre

 

 

[1] –plus que toute la population d’Athènes et de Spartes réunies, puisque Athènes devait compter 250 000 habitants et Sparte environ 50 000

[2] qui doivent leur nom au sceau de Richelieu « À l’immortalité »

[3] (Je tiens à préciser que cet avorton d’Ephialtès, dont le nom signifie « cauchemar » (COMME PAR HASARD) n’obtint même pas sa récompense (BIEN FAIT boloss) et dut s’enfuir, sa tête étant mise à prix par les Spartiates – il finit d’ailleurs tué comme il le méritait, dix ans plus tard, par quelqu’un qui ignorait sur le coup sa véritable identité mais avait eu vent de sa trahison)

 

Envoyez à un ami DEVENEZ LECTEUR

2 Responses to “La bataille des Thermopyles”

  • Anonymous

    Euh … Jean 1er de Bourgogne, dit Jean Sans Peur
    Merci Wiki ;-)

    • Hahaha ok, mais 1. il faut s’inscrire et répondre par mail (aude.hdjb@gmail.com) 2.wiki est notre meilleur ami, mais pas pour répondre, sinon ça ne compte pas! ;)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Passionné(e) d'histoire ? Recevez un email d'Aude chaque semaine.

Garanti sans spam